J'ai comme une envie de gerber, putain qu'il disait l'autre. Je vois défiler des tonnes d'images, incompréhensibles, et cette envie qui brûle dans le ventre de tout balancer. Cassons-nous, cassez-vous disait l'autre. Il a suffisamment compris qu'ici, la place était limitée à quelques uns, pour les autres, il n'y a plus grand chose. On connait la misère, les problèmes financiers, les soirées où on est obligé de se coucher tôt parce qu'on peut plus respirer. De c'foutu monde insensé. Injustifié. A néant. Ah, qu'il disait l'autre, on a des moyens sophistiqués d'y échapper, mais comme on voit que ce n'est point suffisant et que finalement on se tranche les veines afin de lâcher prise. C'est pas une bonne idée comme disait l'autre, qu'il avait raison ce pauvre type à la con. C'était pas Dieu, mais il y ressemblait. Un nuage, une expression, c'était son signe, son salut, en anglais sa salvation. Et là il aurait dit, que t'es inutile, noyé dans un verre d'eau ou ta propre gamelle. Quelle est étrange cette vie, qu'il dirait l'autre.
Injustifié et parfaitement irremplaçable.